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Affichage des articles associés au libellé Tunisie

تونس العزيزة الغالية

بلادي مأوى،  فلوكة مقلوبة في شط أوت، ظل يعاونك ويحبّك، لحظة غفلة مسروقة للحضبة. مدينتي فردوْس، واحة خضراء في الصحراء، مطرة غزيرة في الشياح، إبتسامة على شفايف مارّة. أنهجتها عامرة... تشم فيها روايح الفاحات والبخور والعمبر والقرفة والكليل. أنهجتها غزات تونس، حيوط بيضة وبيبان زرق، شبابك مزيْنة بالحديد. الزناقي حبست الوقت. مدينتي كبيرة وشبابة. ثرْوتها مئة ألف حومة، زوز بحيْرات، جزيرة والبشروش. جات بين البر والبحر... مدينتي ليها ألاف السنين : أمازغية، فينيقية، رومانية، عربية، تركية، فرنسية. أنهجتها توفى بحذاء بير كانت العلجيّة تجبد منّو الماء تحلم وتتذكّر بلادها الأولى. الحارة تغلي بالناس، راهو شبّات ! العزايز بين اليهود لبسوا لبستهم وماشين للسيناڨوڨ، يقراوْا فيها سفر التوْراة. وقت الأذان، المسلمين جايين من كل شيرة. الكراهب واقفة والكياسات مليانة. كانك ع السبابط، حتّى هيّ خاشعة. الشبابك محلولة ونسمة الصباح تتسرسب في الديار. البنات تلعب بالماء وتتضاحك وإلاّ تمشط شعرها وتفدلك. صوت أم كلثوم في الراديون. أول الص...

Manoubia : la Sainte de Tunis

A celle dont la beauté A nulle autre n’était pareille. A celle qui récita 1520 fois le Coran. Se découvrant femme, Elle badinait dans les vergers En compagnie de Sidi Belhassen Chedli. Son père courroucé, voulut la marier. Mille prétendants se bousculèrent à ses pieds, Mais seul le Seigneur à son cœur seyait. Quand de force, à un mortel on voulut la lier, Elle renia père et mère Et courut vers Tunis en quête de l’Eternel. Dans le faubourg d’El Morkhadh, Hors des murs de la cité, Elle filait la laine d’arrache-pied Pour nourrir le dément, l’esclave et l’indigent. Quand le soir venu, il lui restait quelque menu argent, Elle pensait : « Cette nuit, ma prière est incomplète. » Elle voulait étouffer la Géhenne et embraser l’Eden ; Elle qui portait d’une main le seau et de l’autre le flambeau. Le visage découvert, elle discourait d’égal à égal Avec des maîtres qui s’interrogeaient tout bas : Mais quelle folle est-ce donc là ? Ils l’accusèrent de s’isoler à Jbel Zagh...

Dorra

  Je me rappelle cet après-midi sur la plage. J’étais avec Dorra dont le maillot de bain noir et humide lui collait à la peau. Je pouvais deviner les moindres lignes de son corps. Elle ne cessait de parler et je m’abreuvais à la fontaine de ses lèvres, douces comme des abricots. Elle me citait les poèmes de Baudelaire que j’avais étudiés. Elle était la promesse d’un bonheur à venir. Je me souviens aussi de cette nuit au cours de laquelle je pénétrai dans sa chambre. Elle était nue sous ses draps et sa peau luisait dans la semi-obscurité. De ses cheveux, se dégageait encore l’odeur légèrement âcre de l’huile d’olive appliquée le matin même. Karim Abdellatif.

Rue de Marseille

  Ce soir-là, il n’avait pas fait chaud. Le vent soufflait et chacun marchait, pensant à ses petits soucis. Ce n’était le soir ni pour mourir ni pour naître. C’était un prélude à une nuit d’été quelconque dans une ville arabe, dans ce monde qui résistait à la modernité et la chérissant plus que tout. Cette nuit-là, le silence avait envahi les avenues de la cité à pas feutrés. La lune souriait dans le ciel et éclairait les ruelles dont les lampadaires brisés ne fonctionnaient plus. Dans un bistrot de la rue de Marseille, une centaine de personnes faisaient la fête et buvaient. Un monde émergeait des effluves du vin et de la bière. Des illusions planaient et retombaient, la gravité ayant eu finalement raison de leurs légèretés. J’étais assis à une table, scrutant cette foule étrange qui feignait d’ignorer le malaise ambiant. Je pensais à l’Europe et à sa douceur de vivre. Notre terre était maudite pour deux générations : d’abord celle des orphelins de Ben Ali, puis celle des enfa...

A Travers Tunis

 Ma ville est un refuge, une barque renversée sur une plage d’août, une ombre bienveillante et secourable, une seconde d’inattention prise à la foule. Ma ville est un Eden, une oasis luxuriante dans le désert, une pluie abondante en pleine sécheresse et un sourire en coin sur les lèvres d’une passante.   Ses ruelles respirent la vie, les odeurs suaves des sacs d’épices, l’encens gris et l’ambre noir, les écorces de cannelle et les tiges de laurier. Ses ruelles s‘enfoncent dans la cité, murs blancs sertis de portes azurées, fenêtres ornées de fer forgé. Les impasses piègent le temps.   Ma ville est grande et belle, riche de cent mille quartiers, bordée par les deux lacs, l’île et les flamands, à la croisée de la terre et de la mer… Ma ville est millénaire, berbère et phénicienne, romaine, arabe, turque et française.   Ses ruelles s’arrêtent près d’un puits où au son du rossignol en cage, une esclave jadis puisait l’eau en rêvant de son autre pays. La ...