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Articles

مهلا يا بلدي

مهلا يا بلدي ! انتظرني... لا تتركني على الرصيف المغبر... فتحتُ باب المدينة على مصراعيه فوجدت مطهر أرواح متشردة. كلحت وجوه التائبين وانبثق نواحهم الصامت يهاجم حصني وقلعة إيقاني. ويْحك يا ابن آدم أن تلتحق بصفوف النادمين فتلبس جلابيبهم وتتلحّف بعرْيهم ! دجاجلة يحاربون الحياة  ويبتغون الاضمحلال... جثث تعدو على الحرية وتعشق الفناء... حزنهم دين وسجن... أسرى سُرّوا بمناسكهم... اجتزْ خندق العدميين يا ابن آدم !  فارقهم وتجوّل بين الأحياء وتسكع في الشوارع والمشارب. كريم عبد اللطيف.

Le Poème du Voile (Karagöz)

  Ô Dieu !    L’infinie beauté transparaît sur l’écran, tandis que les jours qui passent séparent le bon grain de l’ivraie. Dans ce bas monde, l’écran de la vérité témoigne de la majesté du divin. Il nous est alors possible de déceler le sens des actes et de deviner ce qui fut soigneusement dissimulé rien qu’en scrutant et en interrogeant les ombres et les apparences.    En vérité, le rideau des songes ne pourrait en aucune façon voiler l’œil du discernement. Observez ce qui se meut devant vous et soupesez-le avec grand soin ! Le présent vous paraîtra sans doute plus clair et intelligible.    Le voile du sommeil insouciant et paisible s’étend du nord au sud et d’est en ouest ! Et l’art ne se conçoit que dans le défilé incessant des illusions terrestres. L’écran des rêves n’a-t-il pas tant de fois fait passer de vie à trépas le héros aux yeux cendrés ? Sachez donc que les silhouettes illuminées par le brasier de la passion ne sont autres qu...

A Travers Tunis

 Ma ville est un refuge, une barque renversée sur une plage d’août, une ombre bienveillante et secourable, une seconde d’inattention prise à la foule. Ma ville est un Eden, une oasis luxuriante dans le désert, une pluie abondante en pleine sécheresse et un sourire en coin sur les lèvres d’une passante.   Ses ruelles respirent la vie, les odeurs suaves des sacs d’épices, l’encens gris et l’ambre noir, les écorces de cannelle et les tiges de laurier. Ses ruelles s‘enfoncent dans la cité, murs blancs sertis de portes azurées, fenêtres ornées de fer forgé. Les impasses piègent le temps.   Ma ville est grande et belle, riche de cent mille quartiers, bordée par les deux lacs, l’île et les flamands, à la croisée de la terre et de la mer… Ma ville est millénaire, berbère et phénicienne, romaine, arabe, turque et française.   Ses ruelles s’arrêtent près d’un puits où au son du rossignol en cage, une esclave jadis puisait l’eau en rêvant de son autre pays. La ...

Paris

La rosace est merveilleuse, Chatoyante et colorée, Brillant comme une étoile qui se meurt. Des gargouilles sur les toits des cathédrales gothiques Tenant le mal à distance, vestiges sataniques. - Notre-Dame de Paris - Je fumais de l’herbe dans son jardin, Au son des tam-tams et des darboukas. 21 juin, rythmes envoûtants… Nouba ou Hadhra, c’est idem. Près de Montmartre, la place du tertre Et l’Espace Dali, un éléphant aux pattes effilées, Des sculptures et des textes mégalos. Eucharistie dans le Sacré-Cœur… Boulevard Saint-Germain, des étudiants négligés, Les snobs sirotant du café aux terrasses. L’Odéon, statue pompeuse ; Boulevard Saint-Michel, bouquinistes et disques d’occasion, Bouche de métro infecte, fistule de la cité. De la pyramide du Louvre à l’Arche de la Défense, Une longue promenade à pieds. Arrêt dans un McDo : american malbouffe... Derrière l’Arche de la Défense, Un cimetière et des banlieues sordides. Paname se prélasse… Karim Abdellatif. ...